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    Bloc-notes : Blogue du président national du STTP

    Examen stratégique de Postes Canada
    Examen stratégique
    de Postes Canada

    Campagne contre les fermetures, la privatisation et la déréglementation à Postes Canada

    Notre vision du service postal

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    La vente de Postes Canada

    Le 1er février 2010  -  15:00

    Campagne Votre service postal public livre la marchandise / Article à faire paraître en regard de la page éditoriale

    Postes Canada n’a pas encore été offerte à des acheteurs du secteur privé, mais si on en juge par sa façon de voir les choses aujourd’hui et par sa vision de l’avenir, la société d’État est en train de trahir les intérêts de la population. Sa vision de l’avenir comporte en effet un certain niveau de privatisation et un nombre accru de fermetures de bureaux de poste.

    Au cours des derniers mois, des articles de journaux ont allégué que le service postal avait besoin d’une importante mise au point. La Société répète à qui veut bien l’entendre que les volumes et les revenus sont à la baisse, en partie à cause de la récession. Selon la haute direction de Postes Canada, les temps sont durs. La concurrence des moyens de communication électroniques s’intensifie, d’où la nécessité de moderniser ou de rénover les machines et les établissements utilisés par la Société.

    Postes Canada affirme toutefois qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Elle a un plan pour relever les défis auxquels elle est confrontée. Le problème, c’est qu’elle a besoin de l’appui inconditionnel du gouvernement fédéral pour mettre son plan à exécution.

    Tout d’abord, Postes Canada modernise le service postal en investissant 2,5 milliards de dollars dans la construction de nouveaux établissements et dans l’acquisition de nouveaux véhicules, matériel et autres. La Société s’attend à ce que son plan de modernisation lui fasse économiser des millions de dollars par année, en grande partie au moyen de gains de productivité qui ouvriront la voie à l’élimination de milliers d’emplois dans des collectivités partout au pays. Postes Canada réduit aussi les services (par exemple, fermeture de bureaux de poste, réduction du service de livraison à domicile en milieu rural) et affirme qu’elle doit faire bien davantage pour réduire ses coûts opérationnels. Et c’est ici qu’elle fait appel au gouvernement.

    La Société veut que le gouvernement fédéral réexamine le moratoire sur les fermetures de bureaux de poste ruraux, bien que les conservateurs aient récemment annoncé qu’ils le maintiendraient.

    Postes Canada demande aussi aux conservateurs d’approuver un régime d’actionnariat  à l’intention des employés. La direction croit que les travailleuses et travailleurs seront plus productifs et feront preuve d’un engagement accru à l’égard de leur employeur s’ils détiennent des parts dans la Société. Elle néglige toutefois de mentionner qu’une telle mesure entraînerait la privatisation partielle de Postes Canada. Si des actions sont vendues ou données à qui que ce soit, même aux employés, on s’attendra dès lors à ce que la Société réalise des profits pour satisfaire ses actionnaires, et non pas à ce qu’elle assure un service à la population.

    Postes Canada ne s’oppose pas à la déréglementation du service postal, mais elle aimerait tout d’abord le moderniser. Un examen récent de la Société canadienne des postes a pourtant conclu qu’il n’existait pratiquement aucun soutien en faveur de la déréglementation postale.

    Postes Canada demande aussi au gouvernement de nommer une tierce partie pour passer en revue la convention collective conclue avec le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP). Elle veut que cette personne détermine les changements qui pourraient rendre la convention collective plus « concurrentielle », un mot codé qu’elle utilise pour exiger une réduction de ses coûts de main-d’œuvre. La Société veut que le gouvernement appuie ces changements.

    Il semble que les travailleuses et travailleurs des postes soient présentés comme un des problèmes qui doivent être réglés pour que Postes Canada puisse relever les défis à venir. En fait, les membres du STTP ont travaillé fort pour améliorer les services postaux et pour faire partie de la solution aux problèmes que connaît le service postal.

    Le STTP est conscient que le service postal est aux prises avec de nombreux défis, mais son avis diffère quant à la nature de ces défis et à la meilleure façon de les surmonter.

    Plutôt que demander tout simplement « Comment pouvons-nous réorganiser le service postal? », le Syndicat croit que les membres de la haute direction de Postes Canada devraient plutôt poser la question suivante : « Quelle est la meilleure façon de maintenir un service postal public, universel, financièrement stable et axé sur les services? »

     

    Voici quelques suggestions pour améliorer le service postal :

    1) Dans les collectivités où il n’y a pas de banque, ajouter aux comptoirs postaux des services bancaires qui généreront des revenus additionnels.

    2) Amener le gouvernement à améliorer l’avenir financier de Postes Canada en mettant définitivement de côté son projet de loi C-44. Heureusement, ce projet de loi est mort au Feuilleton lorsque le Parlement a été prorogé. Cette mesure législative aurait entraîné une déréglementation partielle de Postes Canada en retirant la poste-lettres internationale du privilège exclusif de Postes Canada. C’est grâce au privilège exclusif que Postes Canada est en mesure de produire des revenus suffisants pour fournir des services postaux à l’ensemble de la population, partout au Canada.

    3) Exhorter le gouvernement à rejeter tout régime d’actionnariat à l’intention des employées et employés de Postes Canada.

    4) Exhorter le gouvernement à ne plus exiger que Postes Canada lui verse des dividendes. Les sommes que le gouvernement s’approprie en dividendes devraient plutôt servir à maintenir et à améliorer le service postal public. Le gouvernement n’a pas exigé de dividendes en 2008. C’est un bon début.

    5) Ne pas imposer de solutions aux syndicats des postes et à leurs membres. Les solutions imposées ne permettent habituellement pas de régler les problèmes sous-jacents. Il faut permettre à la libre négociation collective de produire de véritables solutions.

    6) Insister pour que Postes Canada utilise les sommes économisées grâce à la modernisation du service postal pour maintenir les emplois, garder ouverts les bureaux de poste publics, continuer la livraison du courrier aux boîtes aux lettres rurales, étendre la livraison à domicile et prendre d’autres mesures qui permettront à la population et aux travailleuses et travailleurs des postes de bénéficier des avantages de la modernisation.

     

    Toute vision de l’avenir du service postal public doit servir l’intérêt de la population, et non pas le trahir.

     

    Par Denis Lemelin, président national du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes.

    Pour obtenir de plus amples renseignements sur la vision du STTP du service postal, prière de visiter le site Web http://www.sttp.ca/index.cfm/ci_id/8270/la_id/2.htm .

     

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