Journée nationale des Autochtones : sept générations depuis la confédération

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Jeudi 22 Juin 2017
2015-2019/258

Journée nationale des Autochtones :  sept générations depuis la confédération

Un avenir meilleur est-il possible? Un avenir sûr et durable est-il possible pour nos enfants et les générations futures? Oui, c’est possible. Dans le cadre du 150e anniversaire du Canada, dont l’histoire est marquée par le colonialisme, certains enjeux majeurs sont passés sous silence.  

On nous enseigne que le Canada a été « découvert » par les Européens. Comment un lieu peut-il avoir été découvert alors qu’il était déjà habité? Que peut-on apprendre des premiers habitants du pays? Que manque-t-il dans la société et la culture dominantes que nous méritons tous de connaître? 

Cette année, nous vous demandons de prendre connaissance de la Grande Loi de la Confédération iroquoise et du principe directeur des « sept générations » selon lequel quand nous prenons une décision, l’intérêt personnel est défendu à courte vue et ne devrait pas entrer en ligne de compte. Pour évaluer le caractère juste ou injuste de nos actions, il faut plutôt se demander quel en sera le résultat pour les sept générations à venir. Tous les êtres vivants sont interconnectés. Les décisions fondées sur la cupidité font fi du mieux-être global des êtres vivants.

Depuis le début de la confédération, sept générations se sont succédé. L’expérience nous a appris que les sociétés issues de la colonisation de l’Île de la Tortue (autre nom de l’Amérique du Nord) doivent changer leur façon de prendre des décisions. Nous ne pouvons pas continuer d’opprimer les peuples autochtones et de détruire la Terre-Mère. Le Canada a été créé en tant que colonie. Le colonialisme a causé trop de souffrance pendant trop longtemps. Nous devons faire l’effort de nous réconcilier avec les peuples autochtones et établir avec eux un nouveau type de relation de nation à nation, de personne à personne. 

 

Le 21 juin : soutenons les peuples autochtones et leur culture

La journée nationale des Autochtones a lieu le 21 juin, au solstice d’été. Ce jour-là, les peuples autochtones et leurs alliés se rassemblent pour célébrer et vénérer les enseignements traditionnels, se questionner sur les enjeux et souligner le cycle de la vie et des saisons. Ayez à cœur de participer aux activités de la Journée nationale des Autochtones organisées dans votre région, et soutenez les activités organisées par les Autochtones afin d’encourager leur créativité et leur autonomie.    

Nous encourageons tous les membres à participer aux activités. Pour savoir où se déroulent les activités dans votre région, consultez le site www.aboriginaldaylive.ca/fr ou utilisez le mot-clic #JNACanada sur Twitter.

Par ailleurs, nous encourageons fortement les membres à prendre connaissance du rapport et des appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation du Canada au www.trc.ca, dont les travaux urgents se poursuivent. La réconciliation nous permet d’être plus unis et plus forts en tant que travailleurs et travailleuses, d’accroître la cohésion au sein de nos collectivités et de mieux travailler ensemble pour protéger la terre des effets des changements climatiques.

Le Canada n’est pas pressé d’appliquer la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. Nous devons dire à nos élus que nous voulons voir les perspectives internationales des peuples autochtones intégrées à notre société, et que nous voulons voir le Canada respecter ses obligations sur la scène internationale.

 

Réflexions et célébrations

Quand nous réfléchissons à l’histoire, il faut se demander qui n’y est pas représenté, et pourquoi il en est ainsi. Il n’en tient qu’à nous de respecter les traités de paix et d’amitié bafoués par les politiciens et les grandes entreprises. Nous avons pleinement conscience des répercussions sur notre propre vie et sur celle des générations futures de ce manque de respect et de compréhension envers un passé historique dont nous pourrions tirer tellement d’enseignements pour vivre mieux et en harmonie. L’absence de consultations des peuples autochtones à propos de la terre et du territoire qu’ils connaissent si bien constitue, pour nous tous, une véritable tragédie.   

L’histoire nous montre que le stress excessif, la surcharge de travail, le surmenage et le manque de respect sont des conditions nuisibles à l’être humain. Nous sommes faits pour être bienveillants les uns envers les autres. Au lieu de cela, nous vivons dans une société où certains travaillent trop, et d’autres, pas du tout. Nous sommes en compétition les uns avec les autres, et nous vivons une vie extrêmement stressante.

Le bureau national du STTP est situé sur le territoire traditionnel non cédé du peuple algonquin Anishinabeg. Le 21 juin, nous exprimerons notre respect pour ce territoire en accueillant une personne aînée et des leaders de cette communauté et en rendant hommage au drapeau de la nation Anishinabeg, qui flotte sur l’immeuble du bureau national, à Ottawa. Ce geste témoigne de notre intention de reconnaître l’existence des traités de paix et d’amitié signés en notre nom et de les respecter. Il s’agit là d’une des très nombreuses mesures que nous entendons prendre pour atteindre la réconciliation avec les peuples autochtones.

En témoignant paix et amitié envers les peuples autochtones, nous prenons le parti d’un avenir meilleur pour tous, et nous nous ouvrons à une façon d’être qui diffère de la nôtre, où la création l’emporte sur la destruction. Ce geste, qui souligne l’interconnexion entre les êtres et tout ce qui les entoure, nous enseigne que l’humanité veut s’accorder une chance de réussir, et qu’il vaut la peine d’essayer d’y parvenir.

 

Solidarité,

Dave Bleakney
2e vice-président national