Nos membres souffrent

Partager

Jeudi 30 Novembre 2017
2015-2019/288

Travailler aux postes n’est pas de tout repos. La surcharge et le manque de respect sont en grande partie responsables du niveau de stress élevé que nous vivons au travail et dans notre vie personnelle. Bien souvent, la douleur de nos blessures n’est pas visible, et nos journées de travail sont marquées de souffrances physiques et émotionnelles. Nous ne sommes pas seuls à souffrir ainsi. À l’échelle mondiale, on estime à un milliard le nombre de personnes ayant une invalidité. C’est au nom de chacune d’entre elles que nous célébrons, le dimanche 3 décembre prochain, la Journée internationale des personnes handicapées.

Les personnes ayant des limitations fonctionnelles font face à des obstacles de taille au travail et dans la société. Comparativement au reste de la population, elles bénéficient d’un accès moindre à la participation sociale et politique, à l’emploi et au transport. Il s’agit de membres de notre famille, d’amies et amis, de voisins et de consœurs et confrères de travail. Ces personnes méritent justice et équité.

Nous sommes toutefois aux prises avec un système insoutenable qui mise sur la croissance continue et l’exploitation de nos corps pour accroître les profits et les bonis des mieux nantis et des plus privilégiés de la société.

Ce système laisse en plan beaucoup de gens parce que son but ultime est de faire des gagnants et des perdants.

Plutôt que d’adopter une démarche holistique favorisant la durabilité, le respect et la dignité, notre société considère qu’il est normal que la classe dirigeante accumule le pouvoir et la richesse aux dépens de notre santé physique et de notre bien-être.

Il doit pourtant être possible de créer un système favorable au respect et à l’accessibilité, c’est-à-dire un système qui encourage les dons particuliers dormant en chacun de nous et qui ne cherche pas à nous culpabiliser parce que nous souffrons ou parce que nous sommes différents. La société véritablement libre et démocratique est celle qui prend soin de ses citoyens, qui célèbre les meilleurs aspects de l’être humain et qui sait reconnaître les possibilités présentes au sein de chaque personne. Une telle société célèbre la vie et travaille de concert avec notre mère nourricière, la Terre.

Les lieux de travail à Postes Canada encouragent des façons de vivre et d’être contre nature. Le corps humain y est considéré comme une machine qui doit être exploitée jusqu’au point de rupture. Pourquoi? Serions-nous des cobayes participant malgré nous à une expérience sociale visant à démontrer les limites de l’exploitation du corps humain?

Ou avons-nous plutôt affaire à des gestionnaires qui n’hésitent pas à compromettre notre santé et notre bien-être pour toucher une prime à Noël? Qui sait quelle est la véritable logique à la source du stress et des blessures que nous subissons au travail?

Nous avons tous un rôle à jouer pour veiller à ce que chacune et chacun bénéficie d’un soutien adéquat. Nous devrions pouvoir compter sur les différents paliers de gouvernement pour fournir aux personnes blessées ou ayant des limitations fonctionnelles les programmes et les services publics essentiels dont elles ont besoin. Malheureusement, nous constatons plutôt une lacune importante à cet égard. Ces personnes sont souvent traitées comme si elles étaient un fardeau pour la société.

Au début des années 1990, le STTP a décidé de combler cette lacune. Il s’est battu pour obtenir un fonds de garde d’enfants adéquat. Depuis une vingtaine d’années, au moyen des programmes Besoins spéciaux et Aller de l’avant, le fonds vient en aide aux travailleuses et travailleurs des postes qui ont besoin d’un soutien additionnel. Ces derniers peuvent ainsi accéder aux services dont leur enfant ayant des limitations fonctionnelles a besoin pour se développer et mener une vie active enrichissante.

Le 3 décembre est l’occasion de réfléchir à la façon de mieux nous appuyer les uns les autres, et de miser sur notre force pour exiger que tous les travailleurs et travailleuses soient traités avec respect et bénéficient d’un soutien et d’un accès adéquats.

Une des meilleures façons de riposter contre le système d’exploitation qui nous accable est d’appuyer nos négociatrices et négociateurs durant la présente ronde de négociation. Nous devons faire front commun contre la surcharge et les mauvais traitements au travail. Nous devons lutter avec conviction pour une meilleure conciliation travail-famille afin d’apporter de véritables solutions aux problèmes de surcharge, au manque de respect et à la dévalorisation.

Il importe aussi d’appuyer les efforts d’écologisation du service postal et l’initiative « Vers des collectivités durables » qui vise à faire de Postes Canada un chef de file en matière de pratiques holistiques, tout en veillant à ce que ses lieux de travail soient plus sains et respectueux de la dignité humaine.

Célébrons la force de notre différence. Célébrons et mobilisons-nous, car ces enjeux nous touchent tous, sans exception.

 

Solidarité, 

Dave Bleakney
2e vice-président national
Fichier jointTaille
Nos membres souffrent (pdf)660.55 Ko