Rétablissement du chemin Ginger Goodwin

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Mercredi 17 Janvier 2018

John Horgan
Premier ministre de la Colombie-Britannique
Langford – Juan de Fuca Community Office
122 – 2806 Jacklin Road
Victoria, BC V9B 5A4

Monsieur le Premier ministre,

En tant que syndicaliste qui est né et a grandi en Colombie-Britannique, j’ai toujours eu pour Ginger Goodwin une affection particulière. Ginger Goodwin a été assassiné en 1918, après avoir mené la première grève en faveur de la journée de huit heures au Canada. Socialiste, militant contre la guerre et leader syndical reconnu à son époque, il a été immortalisé en tant que martyr du mouvement syndical de la Colombie-Britannique. Ginger Goodwin demeure un modèle d’inspiration pour tous ceux et celles qui rêvent d’un monde meilleur.

Je me souviens du terrible sentiment d’insulte que le mouvement syndical a ressenti quand le gouvernement nouvellement élu de Gordon Campbell a retiré les affiches du tronçon de l’autoroute 19 nommé « chemin Ginger Goodwin ». L’autoroute 19 passe exactement devant l’endroit où Ginger Goodwin a été inhumé, à Cumberland.

Dans chaque ville de la province, il y a une rue ou un parc « Robert Dunsmuir », le baron du charbon autrefois propriétaire des mines de Cumberland. Or, toute tentative de souligner la riche histoire des luttes ouvrières de la province est l’objet de mépris et de dédain de la part de la droite. La mort de Ginger Goodwin ne lui suffit pas; elle tente en plus d’effacer sa mémoire.   

L’année 2018 marque le centième anniversaire de l’assassinat de Ginger Goodwin.     

Je vous écris pour vous demander de souligner cet anniversaire en rétablissant le tronçon de l’autoroute 19 nommé « chemin Ginger Goodwin ».  

L’héritage de Ginger Goodwin nous rappelle que, au Canada, les travailleurs et travailleuses n’ont jamais rien « reçu ». Les droits que nous avons aujourd’hui découlent de luttes, où le sang a parfois coulé, menées par des gens courageux comme Ginger Goodwin. Ces gens ont eu l’audace de refuser de se plier aux conditions qui leur étaient imposées par les pouvoirs en place, et ils ont mobilisé les travailleurs et travailleuses pour mener des actions collectives dans le but d’exiger de meilleures conditions. Voilà pourquoi, un siècle plus tard, les employeurs craignent encore la figure de Ginger Goodwin.   

Recevez, Monsieur le Premier ministre, mes sincères salutations.

 

Mike Palecek
Président national du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes

 

cc : Conseil exécutif national du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes

       Irene Lanzinger, présidente de la Fédération du travail de la Colombie-Britannique