À Moncton, les membres sont unis et ils ont obligé Postes Canada à leur redonner les emplois qu’elle leur
avait enlevés. Ils ont aussi obtenu qu’elle leur verse des dommages-intérêts de 140 000 $, en
raison de réorganisations d’itinéraires mal faites. Peu importe que les attaques visaient les travailleurs et
travailleuses des groupes 1 ou 2, les consœurs et confrères de Moncton ont fait la grève du zèle, déposé des
griefs, tenu des assemblées, organisé des journées d’action, fait du piquetage d’information, rencontré leurs
députées et députés, contacté les médias et j’en passe. Le désastre que je m’apprête à décrire a été créé par
Postes Canada.
Réorganisations d’itinéraires
À Moncton, dans le cadre d’une réorganisation d’itinéraires, Postes Canada a fusionné la plupart du
travail des courriers des services postaux (CSP) aux tâches de livraison des factrices et facteurs.
Résultat : une perte de près de 30 postes de CSP et de postes de relève.
Comme c’est souvent le cas, l’employeur n’a pas remis aux observatrices et observateurs syndicaux
l’information et les formulaires dont ils auraient eu besoin pour bien faire leur travail. Des modifications
aux itinéraires ont été apportées en leur absence durant la réorganisation. Une observatrice a été suspendue
de ses fonctions pour insubordination quand elle s’est opposée à la façon de faire de l’agent de mesure des
itinéraires. Il y a aussi des problèmes avec l’indice du volume de courrier.
Travail du groupe 1
Une grande partie du travail effectué à l’établissement de Moncton a été transféré à St. John, ce qui
a entraîné la perte de postes du groupe 1. La section locale a organisé de nombreuses activités pour dénoncer
la situation et a obtenu une bonne couverture médiatique.
Mobilisation
Les factrices et facteurs ont réagi de leur mieux à ces attaques. Les itinéraires sont beaucoup trop longs
et exigent l’exécution d’un grand nombre d’heures supplémentaires. La majorité des membres reviennent à
l’installation pour prendre la pause-repas. Ils assurent aussi un suivi du volume quotidien des lettres, du
courrier surdimensionné, des envois sans adresse et des envois à remettre en main propre.
Un grief a été déposé aux termes de la clause 47.11 et une audience d’arbitrage aura lieu en février. Nous
présenterons des preuves au sujet des erreurs commises durant les réorganisations, mais la meilleure preuve
que nous puissions présenter à l’arbitre est le fait que la majorité des employées et employés n’arrivent pas
à terminer leur itinéraire dans le temps alloué.
Ma visite
Je me suis rendu dans les lieux de travail de Moncton les 24 et 25 novembre. Il y a eu une assemblée en
soirée. J’ai rencontré des membres du groupe 1, des FFRS, des CSP un GLT et des factrices et facteurs. Nous
avons aussi tenu une réunion de consultation locale avec l’employeur.
La réaction de la majorité des membres de la section locale m’a beaucoup encouragé. Il est clair que les
membres sont prêts à se battre tant que Postes Canada ne nous aura pas redonné les emplois qui nous
reviennent. Grâce au travail des observatrices et observateurs et aux pressions exercées par les membres, des
valeurs de temps ont été rajoutées aux itinéraires et bon nombre d’entre eux sont maintenant surévalués. Une
situation qu’il faudra corriger d’ici peu.
Stratégie de Postes Canada
L’employeur remet aux factrices et facteurs une casquette munie d’une lumière et une lampe de poche au
logo de Postes Canada. L’employeur a obligé six employées et employés ayant beaucoup d’ancienneté à prendre
une retraite anticipée. Nous avons travaillé la majeure partie de notre vie active aux postes et Postes
Canada se débarrasse de nous avant même que nous ayons atteint le plein montant de notre retraite. C’EST UNE
HONTE. Des rumeurs circulent quant à l’avenir incertain des travailleurs et travailleuses temporaires. Des
itinéraires, tant urbains que ruraux, ne sont pas desservis. L’employeur prépare le terrain pour les
négociations.
Stratégie syndicale
À Moncton, nous sommes déjà sur la bonne voie. Nous travaillons de manière sécuritaire et nous veillons au
respect de nos droits (pause-repas, pauses, etc.) Nous tenons les membres au courant et nous les faisons
participer. Nous avons déposé des griefs.
Nous encourageons les factrices et facteurs à utiliser un chariot au besoin, à demander de l’aide aux
termes de l’annexe « LL », à faire une demande selon l’article 50 et à déposer des griefs. Et
surtout à s’appuyer les uns les autres.
Autres endroits
Le Comité national de la mesure du travail recommande au Conseil exécutif national qu’une enquête soit
mise sur pied partout où nous avons perdu l’équivalent de plus de cinq postes de facteur à plein temps. Ces
endroits sont : Toronto Q, Vanier, succursale S d’Ottawa, Centre-ville Ottawa, Barrie, deux postes de
facteurs (PDF) à Moncton, Youville, PDF no 11 et succursale D Scarborough, PDF
no 10 de Calgary, PDF no 1 de Victoria, PDF Charleswood, C, J, M de
Winnipeg, PDF no 2 de Surrey.
Il est très important que notre comité de négociation obtienne des rapports au sujet de ces endroits et de
tout autre endroit où la charge de travail est intenable.
Nous devons savoir si les situations suivantes sont en hausse : accidents du travail; absences;
heures supplémentaires (15.08 propre itinéraire et 17.04 autres itinéraires.); non livraison du courrier
d’une partie ou de la totalité d’un itinéraire; retraite anticipée; démission de travailleuses et
travailleurs temporaires, etc.
L’avenir
Postes Canada et de nombreux autres employeurs ont toujours tenté de nous faire croire qu’il n’y avait pas
d’avenir aux postes. Quand j’ai commencé comme manieur de dépêches en 1977 à Ottawa, je me suis fait dire par
la direction de trouver un emploi ailleurs, car il n’y avait pas d’avenir ici. Eh bien, 34 ans plus
tard, j’y suis toujours et le travail ne manque pas. Nous devons poursuivre la lutte pour le maintien d’un
service postal public. Peut-être qu’un jour on pourra tout envoyer par courrier électronique, y compris les
colis, mais alors là, nous ne serons plus là depuis longtemps.
Solidarité,
Donald Lafleur
4e vice-président national
Colin MacKenzie
Permanent syndical national - Dotation en personnel (2002-2011)