La grève « du pain et des roses » (<em>La Rose</em>)

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Vendredi 2 Mars 2012
Volume 14, numéro 1, mars 2012

La Rose - Volume 14, numéro 1, mars 2012Au début de 1912, une loi du Massachusetts réduit la semaine de travail de 56 à 54 heures. Les patrons des usines de textile en profitent pour baisser d’autant les salaires. Dans la ville de Lawrence, centre manufacturier de l’industrie du textile, plus de 20 000 travailleuses et travailleurs débrayent pour protester contre la réduction de leur maigre salaire. La grève d’envergure, organisée par les Travailleurs industriels du monde (IWW), sera plus tard connue sous les noms de « la grève des trois miches », parce que la réduction salariale correspondait environ au prix de trois miches de pain, de « la grève chantante » , parce que partout les grévistes scandaient les chants de l’IWW, et de « la grève du pain et des roses », parce que de jeunes travailleuses brandissaient une bannière indiquant « Nous voulons du pain, mais aussi des roses ».  Déclenchée et dirigée principalement par des immigrantes, la grève a permis aux travailleuses de former des liens de solidarité malgré leurs différences ethniques, religieuses et culturelles.


Du 11 janvier au 14 mars 1912, face à la police et aux briseurs de grève, les grévistes ont bravement tenu bon jusqu’à ce que leurs revendications d’une hausse salariale et de meilleures conditions de travail leur soient accordées. Ils ont été aspergés d’eau glacée au moyen de tuyaux d’incendie. Des mères et des enfants ont été battus et matraqués. Sauvagement tabassée, une femme enceinte a perdu son enfant. Et une autre femme, Anna LoPizzo, est tombée sous les balles des policiers.


Cent ans plus tard, les travailleuses et travailleurs continuent de se battent contre l’inégalité croissante entre les 99 % « qui peinent » et le 1 % « qui se
prélasse ». En tant que femmes syndicalistes, lorsque nous chantons « Du pain et des roses » à la mémoire de ces braves consœurs, nous sommes conscientes de la pertinence des paroles de la chanson encore aujourd’hui...