Parole aux membres (Perspective • décembre 2014)

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Mercredi 10 Décembre 2014
Volume 42 • Numéro 3 • décembre 2014

premier page du journal Perspective, numéro de décembre 2014

« Meurtris, mais toujours debout, » voilà comment les membres du STTP d’un bout à l’autre du pays décrivent leur expérience de la transformation postale et des compressions effectuées par Postes Canada. Perspective a demandé à des militantes et militants de chacune des régions de décrire la situation sur le terrain. Voici ce qu’ils ont dit :

Parole aux membres

RÉGION DU PACIFIQUE

« Je continue d’être étonnée de l’appui de mes alliés, de mon député fédéral et de ma conseillère municipale, qui se font un devoir de défendre les services publics. Plus que jamais je suis déterminée à poursuivre la lutte pour le maintien de la livraison à domicile. Quand des clients me demandent s’ils vont perdre la livraison à domicile, je leur réponds : « Pas si j’y peux quelque chose! »

Janet Barney,
section locale de Victoria

« Nous en avons assez de présenter des excuses à la population pour les mauvaises décisions de la direction. Les travailleuses et travailleurs occasionnels ou à temps partiel se demandent s’ils ne pourront jamais obtenir un emploi à plein temps. Qu’ils soient de l’unité rurale ou de l’unité urbaine, les membres craignent les attaques que Postes Canada et son maître politique Harper leur réservent dans les négociations à venir. L’employeur nous traite comme de la marchandise jetable. Il tire profit de notre force de travail, puis une fois « le citron pressé », il se débarrasse de nous et dès que nous sommes hors de sa vue, il se fiche de ses responsabilités à notre endroit. Il n’est pas question de se laisser traiter de la sorte! »

Cindy McCallum-Miller,
section locale de Castlegar

RÉGION DES PRAIRIES

« C’est dur de garder le moral. Les gens sont abattus. Il y a eu une réorganisation en mai qui s’est soldée par des itinéraires encore plus longs. Nous venons tout juste d’apprendre que la livraison à domicile prendra fin à Medecine Hat et qu’on va perdre la moitié de nos membres. Nous faisons déjà campagne en distribuant des dépliants et en faisant signer la pétition, mais nous allons accentuer la lutte. Il faut se débarrasser du gouvernement conservateur. Il est important que tout le monde participe à la lutte politique. »

Doris Salmaso,
section locale de Medicine Hat

« Des membres m’ont dit que nous étions maintenant traités comme des mules. Je vois à peine ma famille parce que je suis obligée de travailler des heures supplémentaires. Je ne peux pas prendre mes pauses et l’employeur s’attend à ce que je finisse mon itinéraire en huit heures. Les membres se blessent beaucoup plus qu’avant, car la direction, au lieu d’établir des priorités et de répartir la charge de travail, nous oblige à sortir tout le courrier. Pourquoi faut-il être les cobayes des mauvaises idées de l’employeur? Pourquoi Postes Canada ne réfléchit-elle jamais aux conséquences de ses décisions? »

Anna Beale,
section locale de Calgary

RÉGION DE L’ONTARIO

« Dans les lieux de travail, la frustration est palpable. À cause de la propagande de l’employeur, les membres ont l’impression de se trouver dans une voie sans issue. Pas facile dans un tel contexte de faire passer le message que nous pouvons remporter la bataille. La ville de Windsor est déjà durement touchée par le chômage. Les compressions à Postes Canada élimineront d’autres bons emplois. C’est une mauvaise décision qui fait mal. Seul réconfort, tous les autres syndicats sont derrière nous et les commentaires que nous recevons de la population sont très encourageants. Il y a une liste d’attente pour la distribution des affiches de parterre. »

Jeff Carroll,
section locale de Windsor

« Il n’est pas question d’abandonner la lutte ou de capituler. La population et les membres comptent sur nous pour défendre l’avenir du service postal et ses bons emplois. J’ai confiance dans les membres. Ensemble, nous sommes capables de bien grandes choses. »

Shelley Sillers,
section locale de Guelph

« Les pertes d’emplois créent beaucoup de craintes. Bien des gens qui, au départ, croyaient que la bataille était perdue d’avance commencent maintenant à voir qu’il se passe quelque chose et à comprendre qu’il s’agit d’une lutte politique. Quand on leur explique quelles sont les autres options, les gens sont prêts à nous appuyer sans réserve. Il est impossible de se promener dans Hamilton sans voir des pancartes « Sauvons Postes Canada. »

Terry Langley,
section locale de Hamilton

« Le tri séquentiel mécanisé a éliminé des emplois tout comme la fermeture de notre bureau de poste au centre-ville, qui a été remplacé par un guichet de la grandeur d’un placard à balais. L’élimination de la livraison à domicile aura des conséquences dévastatrices sur notre section locale. La charge de travail des FFRS ne cesse d’augmenter, et ils ne sont pas rémunérés pour toutes les heures travaillées. La situation est un vrai cauchemar. Nous continuons néanmoins la lutte et nous avons confiance dans le plan de riposte du Syndicat. »

Zaimene Carter,
section locale de Milton

RÉGION DU TORONTO MÉTROPOLITAIN

Le 20 septembre dernier, j’ai participé avec d’autres membres de ma section locale à une activité de porte-à-porte. C’était la première fois que je le faisais et je dois dire que j’ai été agréablement surprise des appuis très largement favorables à notre cause. À la fin de l’activité, on pouvait lire l’espoir sur le visage des factrices et facteurs. Parler aux gens et les renseigner leur avaient donné de l’espoir – l’espoir que la mobilisation des gens et des collectivités permettra de renverser la vapeur. Des facteurs et factrices ont par la suite entrepris de faire du porte-à-porte dans leur propre quartier et d’installer des affiches sur les pelouses. Le fait de travailler ensemble à contrer les réductions de services nous encourage à poursuivre la lutte. Il est bon de voir que les gens que nous tentons d’aider à maintenir leurs services sont là aussi pour nous aider à maintenir nos emplois.

Angela Jones,
section locale de Toronto

RÉGION DU CENTRE

« Nous avons tous des factures à payer et la plupart des travailleurs et travailleuses organisent leur vie autour de leur quart de travail, mais aujourd’hui plus rien ne tient. Le climat de travail est horrible, surtout que les directives changent constamment. J’espère seulement que le Syndicat va remporter les griefs qu’il a déposés, ce qui permettrait d’effacer des répercussions néfastes ou à tout le moins d’arrêter les changements en cours. Une victoire nous épargnerait bien des soucis. »

Daniel Morin,
section locale d’Ottawa

« Mes parents sont âgés et ont des problèmes de santé. En travaillant de soir, j’étais en mesure de les accompagner à leurs rendez-vous durant le jour. Aujourd’hui, qui sait où je vais travailler, à l’autre bout de la ville? Chose certaine, ce sera beaucoup plus difficile de m’occuper d’eux. J’ai des consoeurs et confrères de travail qui ont des enfants en garderie ou à l’école, d’autres qui ont deux emplois pour tenter de joindre les deux bouts, d’autres encore qui ont une santé physique ou mentale fragile et qui ne sont pas en mesure de faire face à tous ces changements. Dans mon lieu de travail, les six derniers mois ont été horribles. J’espère que nous réussirons tous à nous en sortir. »

Lori Pagani,
section locale d’Ottawa

RÉGION DU MONTRÉAL MÉTROPOLITAIN

« Pour le bon fonctionnement d’une société, nous devons prioriser les rapports humains. Ça fait des siècles que les facteurs livrent le courrier d’une maison à une autre tous les jours, pourquoi cela changerait-il aujourd’hui? »

Isabelle Richard,
section locale de Montréal

« L’annonce de Postes Canada, pour moi, c’est l’abolition de plus de 8 000 emplois, peut-être bien le mien. C’est aussi le démantèlement non fondé d’un service postal public qui appartient à la population. C’est aussi, et surtout, une lutte à mener et il n’est pas question de baisser les bras. »

Magali Giroux,
section locale de Montréal

« L’arrêt de la livraison à domicile signifie pour moi un pas de plus vers la privatisation, le saccage de milliers d’emplois bien rémunérés et comportant de bons avantages sociaux. Bref, des emplois qui pourraient bénéficier à bien des gens au pays. »

Mathieu Clermont,
section locale de Montréal

RÉGION DU QUÉBEC

« Une grande incertitude, on ne sait pas ce qui va arriver. Nous avons maintenant la transformation postale avec les deux vagues – ça crée des divisions entre les travailleurs et les travailleuses, et des problèmes familiaux, surtout pour les membres qui sont à la tête d’une famille monoparentale. Le patron annonce les changements dans les médias, mais pas dans les lieux de travail. On a eu des marches et des manifs, notre section locale a fait du porte-à-porte avec nos alliés. On a beaucoup d’appuis de la population! »

Stéphane Genest,
section locale de Québec

« La nouvelle direction prise par Postes Canada crée beaucoup d’incertitude, de frustrations, d’anxiété. Nous sommes nombreux à nous demander tous les jours si notre ville ne sortira pas du tirage improvisé de Postes Canada. De plus, les membres qui travaillent dans des endroits isolés situés à plus de 40 km d’un autre bureau craignent à juste titre de se retrouver sans emploi. On note même de la discorde sur le sujet entre nos membres. Voilà pourquoi on doit se mobiliser et contrer cette attaque vicieuse de l’employeur et s’assurer de voter en grand nombre aux prochaines élections fédérales afin de se défaire de ce gouvernement qui est prêt à privatiser notre service postal public universel. »

Marc Roussel,
section locale de l’Outaouais

RÉGION DE L’ATLANTIQUE

« Nous pouvons remporter la bataille, mais pour cela il faut que les travailleurs et travailleuses des postes et la population fassent front commun. À la vitesse à laquelle Postes Canada met en place les changements, il n’y a pas une minute à perdre pour mener le plus grand combat de notre histoire! Nous distribuons de l’information, nous rencontrons les conseils municipaux et les députés fédéraux, nous tenons des tables et des piquets d’information partout où il est possible de le faire. Nous essayons de rester dans l’oeil du public en plaçant des annonces dans les journaux. Notre participation à des tribunes radiophoniques est aussi un excellent moyen de parler directement à la population. »

Mike Mcdonald,
section locale de St. John’s

« Les boîtes postales communautaires excluent les personnes âgées et les personnes ayant des limitations fonctionnelles. Elles ne font rien pour entretenir l’esprit solidaire d’une collectivité. »

Gina Miller,
section locale de Nova

« L’Île-du-Prince-Édouard a subi plus que sa part de compressions du gouvernement au cours des dernières années. Les membres sont inquiets pour leur avenir. Nous recevons toutefois beaucoup d’appuis de la part des gens de la région et, pour moi, c’est notre plus grand réconfort. Nos membres savent qu’ils peuvent compter sur l’appui non seulement des travailleurs et travailleuses des postes, mais aussi de leurs voisins. »

Chris Clay,
section locale de Charlottetown