Une préoccupation croissante : Les frais de garde d’enfants dans les grandes villes canadiennes

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Lundi 7 Novembre 2016

L’étude donne, pour une année, un aperçu des frais médians des services de garde dans le cas des nourrissons, des tout-petits et des enfants d’âge préscolaire, et ce, dans les 28 villes du Canada les plus populeuses. Elle révèle que les services de garde réglementés font fréquemment l’objet de listes d’attente et que les frais ont augmenté en moyenne de plus de 8 % depuis 2014, soit trois fois plus que l’inflation.

 

 

 

Une préoccupation croissante : Les frais de garde d’enfants dans les grandes villes canadiennesDavid Macdonald et Martha Friendly

Résumé

Pendant que les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux et les communautés autochtones travaillent à l’élaboration d’un nouveau cadre national sur l’apprentissage et la garde des jeunes enfants, dans un premier temps, le gouvernement fédéral s’est engagé à affecter au budget de 2017 un montant initial de 500 millions de dollars pour la garde d’enfants afin de rendre les services de garde à l’enfance plus abordables. Il y a beaucoup de travail à faire à cet égard, car les frais de garde varient de façon spectaculaire d’un bout à l’autre du Canada. 

Les frais de garde pour nourrissons sont généralement les frais les plus élevés et il y a moins de places pour nourrissons que pour toutes les autres catégories d’âge. Toronto affiche les frais de garde médians les plus élevés au Canada pour ce groupe d’âge, à 1 649 dollars par mois ou 19 788 dollars par année; un montant deux fois plus élevé que les droits de scolarité universitaires en Ontario. Markham et Vaughan, deux banlieues de Toronto suivent. Les frais de garde pour nourrissons dans ces villes sont respectivement de 1 454 dollars et de 1 363 dollars par mois. C’est à Montréal que l’on trouve les frais de garde pour nourrissons les moins élevés au pays, à 164 dollars par mois, ainsi que dans les autres villes du Québec (Gatineau, Laval, Longueuil et Québec), à 179 dollars par mois. Vient ensuite Winnipeg où les frais de garde pour nourrissons sont de 651 dollars par mois. 

Au Québec, au Manitoba et à l’Île-du-Prince-Édouard, les tarifs sont fixés à l’échelle provinciale par le gouvernement, qui finance directement les fournisseurs de services (fonctionnement de base). Les tarifs sont les mêmes au 

Québec toutes catégories d’âge confondues de sorte que les frais de garde pour nourrissons y sont beaucoup moins élevés que dans les autres provinces. 

La catégorie d’âge deuxième en importance par rapport au nombre de places attribuées est celle des bambins. Les tarifs dans leur cas se situent généralement entre ceux des nourrissons et ceux des enfants d’âge préscolaire. Une des révélations les plus marquantes de cette enquête est la montée en flèche des frais de garde dans la plupart des grandes villes. En effet, les frais de garde pour bambins ont augmenté de 8 % de 2014 à 2016 (alors que le taux d’inflation pour la même période n’a été que de 2,5 %). Depuis 2014, les villes de Québec, Longueuil, Laval et Gatineau ont affiché l’augmentation la plus importante, soit 18 % (ou 27 dollars par mois). Suivent de près Burnaby (180 dollars par mois) et Kitchener (178 dollars par mois). 

Malgré les fortes augmentations dans d’autres villes, il reste que les frais de garde pour bambins demeurent le plus élevés à Toronto, à 1 375 dollars par mois. Vancouver n’est pas loin derrière : les frais de garde médians pour bambins dans cette ville sont de 1 325 dollars par mois et à Richmond, ils sont de 1 210 dollars par mois. Les frais de garde pour bambins étaient le moins élevés à Montréal (164 dollars par mois), puis à Québec, Longueuil, Laval et Gatineau (179 dollars par mois) et enfin, à Winnipeg (451 dollars par mois). 

La catégorie d’âge première en importance par rapport aux places attribuées est de loin celle des enfants d’âge préscolaire et, généralement, des trois catégories d’âge, c’est dans celle-ci que les frais de garde sont les moins élevés. Comme dans le cas des bambins, le présent rapport a révélé une hausse frappante des frais de garde pour enfants d’âge préscolaire dans la plupart des grandes villes canadiennes. Ils ont grimpé en moyenne de 8 % au cours des deux dernières années (comparativement à un taux d’inflation de 2,5 %). Le pourcentage d’augmentation le plus élevé a été à Gatineau, Laval, Longueuil et Québec, des villes où les frais de garde ont augmenté de 18 %. À Toronto, depuis 2014, les frais de garde pour ce groupe d’âge ont grimpé de 15 %, soit de 152 dollars par mois, ce qui représente six fois le taux de l’inflation. Burnaby a enregistré la troisième augmentation en importance, soit 13 % ou 95 dollars par mois. 

Les frais de garde pour enfants d’âge préscolaire sont le plus élevés à Toronto à 1 150 dollars par mois. C’est dire que Toronto affiche les frais de garde les plus élevés, toutes catégories d’âge confondues. Sept villes (Kitchener, Calgary, Vaughan, Markham, Ottawa, Mississauga et London) ne sont pas loin derrière Toronto, les frais de garde pour ce groupe d’âge y atteignant presque 1 000 dollars par mois. À l’autre extrême, toujours pour le même 

groupe d’âge, on trouve Montréal (164 dollars par mois), les autres villes du Québec (179 dollars par mois) et Winnipeg (451 dollars par mois). 

Les listes d’attente sont un phénomène courant dans les garderies. Dans presque toutes les villes sondées, au moins 70 % des garderies maintenaient une liste d’attente. Les frais pour s’inscrire aux listes d’attente sont également plutôt courants : presque la moitié des garderies de Vancouver et le tiers de celles de Richmond perçoivent des frais d’inscription. L’Ontario a interdit cette pratique en septembre dernier, ce qui aura des répercussions dans les villes de Markham, Vaughan et Windsor, où la pratique était plus courante. 

Même si les gouvernements provinciaux tentent souvent de compenser les frais de garde au moyen de subventions pour les familles à faible revenu, dans de nombreuses villes, malgré cette aide financière, les montants que doivent débourser de leur poche ces familles demeurent élevés. À Saskatoon et à Calgary, ces déboursés directs atteignent presque 500 dollars par mois pour un enfant d’âge préscolaire, ce qui s’avère sans doute un obstacle de taille, malgré les subventions, à la fréquentation d’un service de garde. C’est en Ontario que les familles admissibles à une subvention déboursent le moins, soit 90 dollars par mois. 

Suivant trois années de sondage sur les frais de garde réalisés dans les grandes villes canadiennes, trois constats s’imposent. Premièrement, les frais de garde varient considérablement d’un bout à l’autre du pays; ils sont le moins élevés dans les provinces où les tarifs sont fixés par le gouvernement et le plus élevés, dans les villes où les frais de garde sont tributaires des règles du marché. Deuxièmement, les tarifs continuent de grimper rapidement, grugeant lourdement sur les budgets des familles avec de jeunes enfants. Troisièmement, dans de nombreuses villes sondées, les parents à faible revenu doivent débourser de leur poche des sommes considérables (s’ils ont les moyens d’utiliser un service de garde réglementé) pour la garde de leurs enfants. Cela inclut des villes dans les provinces qui fonctionnent selon un régime de subventions et dans celles qui fixent les tarifs et versent du financement de base aux fournisseurs de services.