Le STTP appuie les messagères et messagers à vélo de Montréal

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Vendredi 22 Février 2019
2015-2019/501

La semaine dernière, une entreprise de messageries à vélo de Montréal, QA Courier, a congédié cinq de ses six messagers à vélo parce que ces derniers ont débrayé. Les messagers ont refusé de travailler parce qu’une tempête, qui a laissé 40 cm de neige sur la ville, rendait leurs conditions de travail dangereuses.

Le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes et ses 50 000 membres sont solidaires de ces cinq messagers à vélo

Les messagers de QA Courier sont considérés comme des entrepreneurs à commission et, bien qu’ils travaillent uniquement pour cet employeur, ils n’ont pas le statut d’employé. Par conséquent, ils n’ont droit à aucun des privilèges associés au titre d’employé, dont le droit de refuser un travail dangereux, les congés de maladie, les vacances et les avantages sociaux. En plus, ils doivent payer eux-mêmes l’entretien et la réparation de leur vélo.

Ces travailleurs parcourent en moyenne de 50 à 75 km par jour, bravant la circulation à Montréal et les conditions météorologiques extrêmes, sans bénéficier des protections et des avantages accordés aux salariés. Ils demandent simplement d’être reconnus comme des employés et d’être traités avec respect.

Le secteur du courrier et des colis est en plein essor, mais à quel prix? De se faire traiter comme des machines et non comme des êtres humains par son employeur, les travailleuses et travailleurs des postes savent trop bien ce qu’il en est. Nous savons aussi trop bien ce que c’est que de travailler pour un employeur qui accorde plus d’importance aux profits qu’à la santé et à la sécurité de ses travailleurs et travailleuses. Tout comme les messagers à vélo, notre travail nous amène à marcher dans les mêmes rues enneigées et à faire face aux mêmes conditions météorologiques extrêmes. Nous savons d’expérience à quel point ces conditions peuvent être dangereuses.

Le STTP est solidaire de ces cinq travailleurs qui luttent non seulement pour leurs droits, mais aussi pour ceux de tous les messagers et messagères à vélo qui n’accepteront rien de moins que d’être des employés et employées à part entière.

Pour mieux comprendre leur situation, nous vous invitons à lire la déclaration des cinq messagers qui, à l’origine, a été publiée sur la page Web de l’Association des messagers et messagères à vélo de Montréal : 

À qui de droit,

Nous sommes une équipe de cinq messagers à vélo travaillant pour QA Courrier à Montréal et nous sommes dans une mauvaise situation en ce moment.

Le mercredi 13 février, cinq des six messagers à vélo de QA on été congédiés.

Ce jour-là, environ 30 cm de neige est tombé durant la nuit à Montréal et avant que les chasse-neige ne puissent passer, le cyclisme était pratiquement impossible. La direction de QA n'a pas répondu à notre demande de simplement faire les livraisons à pied dans le centre-ville et de laisser les trajets plus longs aux voitures. De nombreuses autres entreprises de messagerie ont fermées leurs portes pour la journée et il semblerait que nous (QA) étions parmi les rares personnes censées travailler dans des conditions aussi dangereuses.

Toutes les écoles et universités de la ville étaient fermées et même les autorités municipales ainsi que le gouvernement recommandaient à tout le monde de rester à la maison. Nos patrons ont étés énervés lorsque les livraisons ont pris du retard en raison de notre incapacité à travailler sous la tempête de neige.

 Nous avons donc réagi en refusant collectivement de travailler immédiatement et en réclamant une conversation sur nos droits de travailleurs. Cela s’est soldé avec notre renvoie immédiat.

Vous ne le savez peut-être pas mais dans le secteur de la messagerie, il est courant que les entreprises n'engagent pas de véritables employés mais plutôt des travailleurs indépendants. Ceci même si nous travaillons pour la même entreprise 5 jours par semaine, devons répondre aux attentes du répartiteur, que nous avons des identifiants d'entreprise, que nos heures sont définies pour nous et que nous n'avons aucun contrôle sur les conditions de notre contrat (ex :devoir payer pour le telephone de la compagnie, les tarifs et horaire).

Cela signifie que nous n'avons pas le statut d'employé et que nous ne recevons donc pas les droits fondamentaux tels que les congés de maladie, les indemnités de vacances, la CSST (sauf certains cas) ou le droit de refuser de travailler dans des conditions dangereuses. Nous ne gagnons également qu’environ 14 $ / heure avant les dépenses reliés au travail (nourriture, pièces etc) pour parcourir en moyenne 50 à 75 km par jour dans un trafic dense, quelles que soient les conditions météorologiques.

À l'heure actuelle, nous essayons de négocier de meilleures conditions avec la direction de QA, qui souhaitent que nous retournions au travail avec notre ancien contrat sans aucun changement. Notre seule demande est le statut d’employé et nous refusons d’accepter quoi que ce soit de moins. Nous croyons que notre ancien contrat ne représente pas la réalité de notre relation avec QA et nous sommes prêts à engager des poursuites judiciaires par le biais de IWW si nécessaire.

Le 15 février, QA a publié sur sa page Facebook une annonce proposant une augmentation de 25 $ / jour plus haut que notre salaire actuel et une prime de 250$ à la signature de nouveaux employés. Offre qui n’avait pas été offerte aux employés renvoyés. Depuis, elle a été supprimé en réponse au désaccord général venant du public.

Nous sollicitons donc le soutien de tous les acteurs du milieu de la messagerie, du monde du vélo ou du grand public préoccupés par les droits des travailleurs. Nous avons contacté la presse, qui se joindra à nous le lundi 18 février à 7 h 30 devant le bureau de QA au 1100 Côte du Beaver Hall. Nous faisons cela non seulement pour nous-mêmes mais également et surtout pour créer un précédent dans le secteur de la messagerie dans son ensemble. Avec un peu de chance, d’autres entreprises en prendront conscience et amélioreront les conditions pour tous les messagers à Montréal.

S'il vous plaît laissez-nous savoir si vous seriez intéressé à soutenir notre cause. Vous pouvez nous contacter à info@montrealbma.com

 

Cordialement,

Alex, Benoit, Brett, Francis, Julien

L'équipe QA Bike Messenger

Mike Palecek
Président national