Négociez au lieu de légiférer

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Vendredi 23 Novembre 2018
2015-2019/462

Le gouvernement libéral intervient dans le conflit de travail à Postes Canada. La ministre du Travail a déposé un projet de loi de retour au travail qui contrevient foncièrement au droit à la négociation collective, pourtant garanti à l’ensemble des travailleurs et travailleuses par la Charte canadienne des droits et libertés. Par expérience, nous savons que la direction de Postes Canada n’a qu’une seule stratégie : demeurer les bras croisés en attendant l’adoption d’une loi de retour au travail. Et le gouvernement exécute à présent ce sale boulot.    

Soit on croit à la négociation collective, soit on n’y croit pas. Le premier ministre Trudeau vient de prouver que son discours ne vaut pas cher. Il croit à la négociation collective uniquement quand elle fait son affaire.   

Le gouvernement tente peut-être de prendre ses distances par rapport à Postes Canada, mais en réalité, il a toutes les cartes dans son jeu. C’est lui qui approuve le plan d’affaires de Postes Canada. Et c’est lui qui a le pouvoir de lui donner des directives. Il a aussi le pouvoir de mettre fin au conflit de travail sans légiférer. Il préfère toutefois enfreindre les droits constitutionnels des travailleurs et travailleuses plutôt que d’autoriser la libre négociation collective.

Au début de novembre, le premier ministre Trudeau a lancé un signal clair en déclarant que toutes les options étaient sur la table. Postes Canada a tout de suite compris qu’elle pouvait sans crainte cesser de négocier puisque le premier ministre allait l’appuyer.  

Nous, les travailleurs et travailleuses des postes, n’avons cependant aucun choix en matière d’accidents du travail et d’heures de travail non payées. Quand la direction nous impose une surcharge de travail et exige qu’elle soit accomplie dans le temps alloué, nous n’avons aucun choix. Quand des heures supplémentaires sont imposées en raison d’un manque d’effectifs, nous n’avons aucun choix. Quand le nombre d’accidents du travail augmente de 43 % en deux ans, nous n’avons aucun choix. Quand Postes Canada refuse d’accorder l’égalité aux travailleuses, nous n’avons aucun choix.     

Le gouvernement dispose de toutes les options. Et il préfère enfreindre des droits constitutionnels plutôt que de se pencher sur la santé et la sécurité. De plus, il préfère adopter une loi de retour au travail plutôt que d’accorder l’égalité aux travailleuses.     

Nous avons tenté de servir la population tout en exerçant des pressions sur Postes Canada pour qu’elle négocie. Celle-ci a fabriqué une crise dont se sert le gouvernement pour justifier le maintien de conditions de travail abusives. Le blâme pour ce conflit de travail repose carrément sur le gouvernement. Trois années de promesses non tenues et l’inaction des libéraux nous ont menés là où nous sommes aujourd’hui.   

Les travailleurs et travailleuses des postes n’accepteront pas une autre violation de leur droit à la libre négociation collective. Et il ne s’agit pas uniquement de nos droits prévus par la Charte. Le projet de loi de retour au travail cautionne les conditions qui causent les accidents du travail, les heures de travail non payées, l’inégalité entre hommes et femmes de même que la malhonnêteté et l’absence de respect généralisées.  

 

Solidarité,

 

Mike Palecek
Président national (2015-2019)
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