Oublier : jamais! Travailler au changement : toujours!

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Vendredi 23 Novembre 2018
2015-2019/461

Affiche : Oublier : jamais! Travailler au changement : toujours!Le 6 décembre 1989 restera à jamais gravé dans notre mémoire collective. Ce jour-là, à l’école Polytechnique de Montréal, un homme, opposé à l’égalité et au féminisme, a tué 14 femmes. Il y a 29 ans déjà, la misogynie montrait son horrible visage dans l’attentat le plus meurtrier de l’histoire du Canada.

Depuis ce jour tragique, nous commémorons le 6 décembre. En 1991, un projet de loi d’initiative parlementaire a été adopté à l’unanimité pour instituer la Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes. Cette journée vise non seulement à commémorer les victimes du massacre de Polytechnique, mais aussi à rappeler que la violence faite aux femmes est un problème encore très grave en 2018 et qu’il faut le régler. Le 6 décembre, les drapeaux canadiens sur les édifices fédéraux sont mis en berne. Il s’agit d’un geste symbolique. Ce dont nous avons besoin, ce sont des mesures tangibles, qui donnent des résultats.

Bien des choses ont changé au cours des 29 dernières années, mais la violence faite aux femmes demeure. Selon les données de 2014 de Statistique Canada, une femme est tuée par son conjoint tous les six jours au Canada. De plus, on estime que 70 % des cas de violence conjugale ne sont pas signalés à la police.

Le mouvement #MoiAussi témoigne de l’ampleur de la violence faite aux femmes. Les femmes autochtones sont encore 3,5 fois plus susceptibles d’être victimes de violence que les femmes non autochtones. L’appel à la justice des femmes autochtones est un autre exemple de la nécessité de poursuivre la lutte. Selon la Gendarmerie royale du Canada, entre 1980 et 2012, il y a eu 1 181 cas de femmes autochtones disparues ou assassinées. Selon les organismes de base et la ministre de la Condition féminine, le nombre de cas s’élèverait plutôt à près de 4 000.

Il importe de respecter les femmes, de les traiter équitablement et de leur donner un véritable sentiment de sécurité. Il convient également de reconnaître leur travail, leur créativité, leur bienveillance et les soins qu’elle procure. Notre société doit prendre acte du fardeau qu’elle leur impose au quotidien, soit parce qu’elles ne parviennent pas à concilier le travail et la vie personnelle, qu’elles sont reléguées à des postes mal rémunérés, qu’elles gèrent non seulement leurs propres vulnérabilités, mais aussi celles des hommes dans leur vie ou qu’elles sont confrontées à l’oppression intersectionnelle. En tant que travailleuses et travailleurs et en tant que syndicalistes, nous avons l’obligation de nous attaquer à ces problèmes et d’aider à démanteler le système patriarcal qui en est responsable. Il faut se demander ce que nous pouvons faire pour changer notre conscience collective et modifier la culture qui fait souffrir les femmes, les rend malades ou les tue à force de leur faire croire, à mots couverts, qu’elles n’ont pas vraiment d’importance.

 

Solidarité,

Jan Simpson
1ere vice-présidente nationale
Beverly Collins
Secrétaire-trésorière nationale