Réunion annuelle de Postes Canada : Information et déception

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Mardi 25 Juin 2019
2019-2023/015

J’ai assisté récemment, en compagnie de la consœur Nancy Beauchamp, directrice nationale de la région du Montréal métropolitain, de représentantes et représentants du bureau régional de l’Atlantique et de membres et dirigeantes et dirigeants de la section locale de St. John’s (Terre-Neuve-et-Labrador), à la réunion annuelle de Postes Canada tenue à St. John’s. Susan Margles, première vice-présidente des Affaires générales de la Société canadienne des postes, présidait la réunion. Le président de la Société, Doug Ettinger, et le directeur des finances, Wayne Cheeseman, ont abordé plusieurs questions d’importance pour les membres du STTP. En voici quelques-unes :

 

Situation financière de Postes Canada

M. Cheeseman a fait le point sur la situation financière de la Société. N’eut été des paiements de rétroactivité relatifs à l’équité salariale, dit-il, Postes Canada aurait réalisé des profits en 2018. D’ailleurs, malgré la baisse des volumes de courrier transactionnel et de marketing direct, elle a réalisé des profits au cours du premier trimestre de 2019, en raison notamment d’une légère augmentation des volumes de colis.

 

Livraison des colis et armoires à colis

M. Ettinger a indiqué très clairement que sa première priorité est d’améliorer la qualité du service de livraison des colis et d’en accroître les volumes. Il a déclaré que les armoires à colis étaient extrêmement populaires auprès de la population et que Postes Canada prévoyait en installer plus de 5 000 autres au cours de l’année.

 

Importance des points de vente au détail

M. Ettinger a aussi reconnu que Postes Canada a une présence marquée dans les collectivités du pays, grâce à son réseau de 6 100 points de vente au détail (plus que le nombre de restaurants Starbucks et Tim Horton’s réunis). Il a admis que les points de vente jouent un rôle important en facilitant le ramassage et le retour des colis, et il a déclaré que Postes Canada comptait accélérer le service pour que les gens n’aient pas à faire la queue.

 

Protection de l’environnement

M. Ettinger a aussi reconnu les responsabilités environnementales de Postes Canada, étant donné son parc de 13 000 véhicules. Il a annoncé qu’elle prévoyait acheter 500 véhicules hybrides. Il s’agit d’une partie infime du parc de véhicules de Postes Canada. Néanmoins, le fait que la Société s’engage dans cette voie témoigne des efforts déployés par le STTP et ses alliés des mouvements syndical et environnemental pour la sensibiliser à l’importance de sauvegarder l’environnement, et l’inciter à assumer la responsabilité qui lui incombe de réduire ses émissions de gaz à effet de serre.

 

Négociations : Postes Canada rejette la démarche syndicale

En réponse à des questions sur la possibilité d’en venir à une entente négociée au lieu d’une convention collective imposée, M. Ettinger a affirmé que la Société poursuivrait l’arbitrage et que toute reprise des négociations nécessiterait d’abord une amélioration des relations syndicales-patronales. Bien que décevante, cette réponse n’a rien de surprenant. En 2011 et 2018, la direction a nettement démontré qu’elle préférait l’adoption d’une loi de retour au travail et l’imposition de l’arbitrage plutôt que de reconnaître le droit du STTP à la négociation collective. En 2016, la seule raison qui l’a incitée à conclure une entente est qu’elle y a été obligée par le nouveau gouvernement. Il est difficile de comprendre comment elle entend améliorer la relation tout en continuant de s’opposer à nos propositions en matière de santé et de sécurité, d’amélioration des effectifs et de rémunération de toutes les heures travaillées par les FFRS.

 

Un règlement négocié pourrait jeter les bases d’une meilleure relation. L’imposition d’une convention collective, qui ne répond pas aux besoins des travailleuses et travailleurs des postes, risque plutôt d’assurer le maintien d’une relation conflictuelle.

 

Solidarité,

Jan Simpson
Présidente nationale