Suivons les recommandations de la commission de vérité et réconciliation, même si le gouvernement n’entend pas y donner suite

Share This

Mercredi 17 Juin 2015
2011-2015/010

L’horrible vérité a maintenant été mise au jour. Le Canada est fondé sur la destruction des sociétés autochtones et le génocide culturel. Les colons européens et les gouvernements canadiens ont tenté d’assimiler les peuples autochtones par l’élimination forcée de leur culture, de leur langue et de leur mode de gouvernance traditionnel, y compris par de graves sévices infligés aux enfants (viols, torture, expérimentation, famine et stérilisation des femmes). Autrement dit, le pays est fondé sur le génocide culturel et le vol de territoires qui se poursuit encore aujourd’hui et demeure non réglé. Ces enfants, retirés de leurs familles au nom du « progrès », ont été ni plus ni moins enlevés. Notre mode de vie actuel, nous le devons au vol illégal des ressources des Premières nations, des Inuits et des Métis.

La Commission de vérité et réconciliation (CVR) a formulé 94 recommandations sur les séquelles laissées par les pensionnats indiens et les terribles sévices qu’ils ont infligés aux enfants autochtones.

Les 94 recommandations visent à redresser cet épisode honteux de l'histoire du Canada. Saurons-nous y écouter ou continuerons-nous sur la même voie? Lors de la cérémonie qui a eu lieu pour clore la présentation du rapport de la Commission, Stephen Harper n’a pas dit un traître mot, et le ministre des Affaires autochtones est resté assis, alors que d’autres se sont levés pour applaudir les recommandations. Les médias, sous le contrôle des grandes entreprises, n’ont pas tardé à discréditer certaines des recommandations.

Les conséquences terribles des pensionnats indiens continuent à se faire sentir. La douleur et l’isolement qu’ils ont créés demeurent bien présents. Alors que des centaines de femmes autochtones se font enlever et assassiner sans qu’une enquête sérieuse n’ait lieu sur leur triste sort, on constate que bien peu de choses ont changé.

À tout le moins, le gouvernement du Canada doit appliquer la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. Le Canada d’aujourd’hui est fondé sur un système d’apartheid qui repose sur le vol de terres et de ressources et sur le génocide culturel. Les colons n’ont jamais traité les peuples indigènes avec respect, ni avec une générosité réciproque. Les choses doivent changer.

Notre syndicat peut jouer un rôle dans le processus de vérité et de réconciliation en adoptant ces recommandations dans les conventions collectives qu’il négocie. Dans ces recommandations, l’éducation compte pour beaucoup au chapitre des efforts à déployer pour faire en sorte que les témoignages des Autochtones soient racontés.

Merci aux membres du groupe des Premières nations, Inuits et Métis de notre Comité national des droits de la personne, ainsi qu’à la région des Prairies. Le STTP a entamé le processus de compréhension et de réconciliation. Le cours sur l’Île de la Tortue, offert par le STTP et rédigé par des personnes touchées par cet épisode, révèle une histoire riche et diversifiée que nous devrions tous appendre.

Il s’agit d’un pas dans le long cheminement que nous devons faire pour honorer ceux et celles qui sont décédés, et ceux et celles qui ne sont pas encore nés. Le temps est venu. Nous n’avons pas besoin d’attendre la réponse du gouvernement pour agir. La réconciliation peut et devrait commencer par nous.

Pour consulter les rapports de la Commission de vérité et réconciliation et en connaître les conclusions, rendez-vous à www.trc.ca.

Dave Bleakney
2e vice-président national