Un manque de respect difficile à masquer

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Vendredi 1 Mai 2020
2019-2023/127

Partout, les travailleuses et les travailleurs doivent composer avec la surcharge de travail, la pandémie et l’incertitude. Il est clair que nos membres se sont mobilisés pour que la société puisse continuer de fonctionner. Ils méritent notre respect, et notre dette envers eux est immense. Heureusement, ils peuvent compter sur la gratitude et la confiance de la population. Malheureusement, Postes Canada n’en fait pas autant dans la gestion de ses opérations. Elle n’hésite pas à traiter comme du bétail ses travailleurs et travailleuses déjà surchargés. Nous ne méritons pas pareil traitement.

Certains membres voudraient porter un masque, car beaucoup ont, dans leur famille, des personnes vulnérables. C’est à prendre au sérieux. Ils doivent pouvoir porter un masque sans être ridiculisés. Au début de la pandémie, lorsque la communauté scientifique a commencé à étudier le virus et sa propagation, l’utilité du masque était encore incertaine. Mais c’était au début de la pandémie. Nous en savons maintenant beaucoup plus à propos du virus.

Dans l'intervalle, les travailleurs et travailleuses de Dollarama ont réussi à obtenir des masques de leur employeur, après avoir mené une campagne en ligne. Walmart aussi a fourni des masques à ses employées et employés. Ils y ont droit. Cela ne fait aucun doute. Nous devons tous travailler dans une situation sans précédent. Les gens qui travaillent dans les épiceries et qui veulent un masque se le font fournir. Même certains travailleurs et travailleuses de la construction en portent! C’est aussi le cas dans les pharmacies. En fait, au pays, de nombreux employeurs fournissent un masque à celles et ceux qui en font la demande. Mais la direction des opérations de Postes Canada ne le fait pas. C'est révélateur. Nous continuons de livrer les produits vendus par le plus riche des multimilliardaires, Jeff Bezos d'Amazon, mais nous n’avons pas droit à un masque en cas de pandémie mondiale?

Par ailleurs, à l’échelle nationale, les entreprises ont installé d’épaisses cloisons en plexiglas là où le personnel est en contact avec la clientèle. Mais pas Postes Canada. Les travailleurs et travailleuses des postes reçoivent des pellicules de plastique qui conviennent davantage à emballer la nourriture qu’à faire écran entre eux et les clients. Et une fois de plus, les sections locales ont été obligées de prendre les choses en main pour que ça avance. Les cloisons en plexiglas sont finalement arrivées, mais pour cela, il aura fallu que les travailleurs et travailleuses les exigent. De nombreuses sections locales ont fait pression sur l’employeur pour qu’ils agisse dans ce dossier.

Et pendant que nous servons la société en temps de crise, nous n’avons toujours pas de convention collective. Cette situation est inacceptable. Le respect doit être réciproque. Notre dévouement envers la population n’est pas un engagement inconditionnel. De plus en plus, les travailleurs et travailleuses des postes se sentent comme des objets malléables et jetables, mis de côté puis rejetés par la direction, qui se plie aux demandes de Jeff Bezos. Les membres de la direction reçoivent-ils toujours une prime après avoir pressé le citron jusqu’à l’écorce? 

Il nous faut plus que des pellicules de plastique. Il nous faut une convention collective et des équipements de protection individuelle, notamment des masques.  

Les travailleurs et travailleuses des postes ont droit au respect de l’employeur, le même genre de respect que leur témoigne une bonne partie de la population. Les gens sont conscients des sacrifices que nous faisons, mais pas la direction des opérations, à qui cette réalité semble échapper.

Nous devrons faire des choix. Au sortir de la crise, nous pourrons continuer de faire les choses comme avant, ou nous mobiliser dans le but de changer la société et le travail afin qu’ils reflètent des valeurs humaines porteuses et que les travailleurs et travailleuses ne soient pas poussés dans une course effrénée vers l’atteinte de profits toujours plus grands. Pour y parvenir, la mobilisation devra faire partie de notre culture, et nous devrons être prêts à agir. Cette partie du scénario dépend de nous. Sans elle, bien peu de changements pourront se faire.    

Je vous remercie de tout ce que vous faites. Vous incarnez la stabilité dans le chaos. Vous faites de votre mieux dans des circonstances complexes. Malheureusement, Postes Canada ne semble pas vouloir faire sa part.      

La lutte pour le respect et la dignité continue.

 

Solidarité, 

Dave Bleakney
2e vice-président national